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  Prix Bertrand de Jouvenel de l'Académie française


La mauresque

Le 19 juin 1927, un tremblement de terre secoue à Cuba la ville de Santiago. Le narrateur est sur le point de naître : on transporte dans la rue le lit où sa mère, dite la Mauresque, accouchera de son fils au milieu de l'affolement et des cris. Un début de vie aussi exaltant ne peut annoncer que la plus riche, la plus pittoresque et la plus bariolée des enfances. Ainsi apprend-on que la Mauresque, espagnole d'origine, est devenue la concubine d'un puissant sénateur cubain, qui la délaissera ensuite pour d'autres queridas (bien-aimées). Mais la vitalité de cette superbe femme est telle qu'elle saura élever son fils dans la passion de la joie, de la liberté, de l'indépendance, malgré les pires vicissitudes politiques et sociales. La dictature de Machado suivie de sa chute, l'exil à La Havane n'entameront en rien l'humour du narrateur qui semble exister comme un prolongement toujours charnel de sa mère. La mémoire de celle-ci devient la sienne propre. Deux vies en une, tel est le spectacle de leur intimité en compagnie des deux servantes Senta et Dulce Maria : grouillement lumineux des fêtes, danses de possession, chants de sorcellerie, et surtout initiation sexuelle du jeune homme. Le récit, qui se termine en 1940, est comme le prélude encore heureux mais déjà dramatiquement bouleversé des événements qu'on sait, à travers une réalité qui se fait roman et un roman qui se fait réalité.
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