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Un Cubain à Paris

Dans ce livre, Eduardo Manet revient sur l‘ardent désir qu‘il a eu, jeune homme, de venir en France pour apprendre le cinéma et le thé‘tre. Comment a-t-il vécu la réalité de ce voyage par rapport à la vision mythifiée qu‘il s‘était faite de la France ?
Sans être uniquement biographique, ce livre présente une vision originale de la vie culturelle française, celle d‘un Cubain tout d‘abord ingénu et favorablement disposé, qui analyse, juge, admire mais est également critique.
Son récit est composé en triptyque : tout d‘abord les années 1950, la jeunesse et les études à Paris ; puis les années 1960, et les Français à Cuba ; et, enfin, le retour à Paris.
Eduardo Manet livre ses souvenirs, ses réflexions dans ce livre en forme de carnet intime, journal de bord d‘une initiation à la vie parisienne que traversent ombre de personnalités, de Roger Blin et Montand au couple Beauvoir-Sartre.

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Editeur : Écriture
Prix : 17.95 €
ISBN : 9782909240909
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Un Cubain à Paris / Eduardo Manet. - Paris : Ecriture, 2009. - 213 p. ; 23 cm.
ISBN 978-2-909240-90-9

Quant à moi, l‘obsession poursuit sa ronde singulière :
je vis à Paris et je continue à parler de Cuba. p. 214

A Paris où il est arrivé en 1951 (un an avant le coup d‘État de Batista), comme à Pérouse et Florence où il a séjourné, Eduardo Manet est habité d‘un insatiable appétit pour l‘Europe, son mode de vie et sa culture — littérature, théâtre, cinéma. Mais Cuba ne le quitte jamais.

Durant un bref retour à Cuba (1960-1968) le rapport s‘inverse, sans que s‘interrompe un dialogue dont on peut mesurer l‘intensité. Eduardo Manet est là dès que se présente l‘occasion d‘accueillir des visiteurs d‘outre-Atlantique : Chris Marker, Maurice Nadeau, Nathalie Sarraute, ou Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir : il sert d‘interprète, de perroquet bilingue, à cette dernière lors d‘un tête-à-tête organisé avec Celia Sánchez.

Ce va-et-vient fait tout l‘intérêt du recueil de souvenirs et des interrogations parfois empreintes d‘angoisse qui ne manquent pas de les accompagner — surtout quand il faut choisir entre écrire dans la langue maternelle ou dans celle du pays d‘accueil, question qui brûle la langue d‘un jeune interlocuteur : « avez-vous le sentiment d‘avoir perdu votre âme en délaissant l‘espagnol pour le français ? » Evoquer les exemples d‘Arrabal, Ionesco ou Beckett n‘apporte pas nécessairement le réconfort attendu.

Le retour à Paris, en 1968, marque un choix délibéré, le rejet de la dictature, mais laisse ouverte la déchirure : « La France est mon pays. Cuba est mon calvaire. Impossible d‘oublier mon île … »

Extraits pp. 210-212

J‘ai dîné à Madrid avec [Heberto] Padilla au début des années 1980. Il luttait contre l‘alcoolisme et le mal de vivre, mais il gardait intacts son intelligence et son sens de l‘humour. Il me parla de la prison et des pressions qu‘on avait exercées sur lui pour le pousser à faire son autocritique, dans la pure tradition stalinienne.
— Pour me faire perdre la face devant mes camarades écrivains.
[…]
Je repense souvent à Heberto, à notre délire verbal, ce soir-là à Madrid. Je me souviens aussi de sa question : « Pourquoi es-tu retourné à Cuba en 1960 ? Tu étais installé à Paris, tu écrivais en français … » Je lui ai parlé de la lettre de Gutiérrez Alea enjoignant à ses amis à l‘étranger de revenir à Cuba pour participer à la construction du pays, dans ces années euphoriques et bouleversées où tous les rêves étaient possibles : avant l‘UMAP 1, avant la création du Parti communiste, avant le discours de Fidel aux intellectuels.
J‘explique à Heberto :
— En 1961, toi comme moi avons pris des fusils pour défendre la révolution. La stupidité des Américains, l‘opération de la baie des Cochons, ont même réussi à faire de nous des miliciens armés. La crise d‘octobre 1962 était de nature très différente. Castro était prêt à déclencher une guerre atomique. Encore un coup de force du Galicien : vous voulez enlever les missiles ? Soit, je demanderai aux Russes d‘appuyer sur le bouton. Grâce à l‘obstination de Kennedy, les missiles ont été retirés. Mais quel plaisir de manifester dans les rues de La Havane en hurlant : « Nikita, pédé, on ne reprend pas ce qu‘on a donné ! »
Et Heberto et moi de nous mettre à chanter : « Nikita, mariquita, lo que se da no se quita ! », attirant les rires des gens attablés autour.
Il avait compris pourquoi j‘avais subitement quitté Cuba en 1968 : dictature de droite, dictature de gauche … Quels que soient les aspects positifs de cette révolution que nous avions défendue, le docteur Castro, contrairement à ce qu‘affirment les nombreux « agents d‘influence » de Cuba en France, Castro Fidel n‘est rien d‘autre qu‘un dictateur.

1. Unidades Militares de Ayuda a la Producción.

http://bibliobs.nouvelobs.com/20091002/14975/un-cubain-a-paris

Un récit d‘Eduardo Manet
«Un Cubain à Paris»
Par David Caviglioli

* Quand Eduardo Manet quitte Cuba en 1951, l‘île n‘est pas tombée aux mains de Batista et les frères Castro sont encore ces petits agitateurs qu‘il avait connus à l‘université. La Havane est un paradis où toutes les portes lui sont ouvertes.
Il décide pourtant de s‘installer dans l‘effervescence parisienne des années 1950. Le jeune immigré cubain y croisera Beckett, Sarraute, Truffaut et bien d‘autres. Dans ce «Scarface» à la sauce germanopratine, il livre la chronique émerveillée, bien qu‘un peu convenue, de ce Paris disparu.

D.C.

«Un Cubain à Paris», par Eduardo Manet, Ecriture, 214 p., 17,95 euros

París, 30 de diciembre de 2009.
Recordada Ofelia,
en el vuelo de Madrid a París hace dos días terminé de leer “Un cubain à Paris” del gran Eduardo Manet.
Eduardo llegó a París hablando sólo unas palabras de francés. Traía la idea de regresar a la Perla de las Antillas tres años más tarde, sin embargo se enamoró de la Ciudad Luz, de sus teatros, boulevares, plazas, cines, de la atmósfera bohemia y cultural que se respira en la espléndida capital gala.
Pero todo comenzó en mayo de 1940 cuando cada día el padre de Eduardo, director en aquella época del periódico El Pueblo, se mantenía informado por la radio de los acontecimientos europeos y del drama de Francia ocupada por los nazis.
Sólo diez años más tarde el joven periodista Eduardo, estudiante de teatro, logrará entrevistar y trabar amistad con grandes figuras el mundo intelectual parisino como: Jean-Louis Barrault, Yves Montand, Roger Blin, Jean Vilar, Jean Marais, Franois Arnoul, Maria Casarès, Nathalie Sarraute, François Truffaut, etc.
Esa primera etapa parisina durará de 1951 a inicios de 1960, cuando el joven regresó a Cuba entusiasmado con la revolución triunfante.
Toda una serie de personalidades cubanas del mundo de la política, cine  y de la literatura, van apareciendo a lo largo de las páginas de este delicioso libro, según Eduardo nos cuenta su juventud en la universidad de La Habana, su estancia en París, el regreso a Cuba y el exilio definitivo en Francia a partir de 1968. Las anécdotas son numerosas sobre: “El Chinito” (Raúl Castro), Guillermo Cabrera Infante, Madame Eve Fréjaville (ex esposa de Alejo Carpentier), Enrique Collado, Tomas Gutiérrez Alea, Antonio Núñez Jiménez, Alfredo Guevara, Carlos Franqui, Mirta Aguirre, Vicentina Antuna, Heberto Padilla, etc.
Las experiencias con el imperfecto del subjuntivo francés y la cena con alcachofas, seguramente provocarán por lo menos risa en todo cubano que haya vivido en París.
Las aventuras en La Casa Cuba de la Ciudad Universitaria, construida por la benefactora villaclareña Doña Marta Abreu, no tienen desperdicio.
La etapa italiana en Roma, Firenze y Perugia le darán ese toque de humor mediterráneo combinado con el caribeño, que caracteriza el carácter del gran escritor. La entrevista con Italo Calvino en el celebérrimo Café Florian de la Plaza San Marcos es estupenda.
 
Su trabajo como traductor de  Simone de Beauvoir en 1960 en La Habana en la entrevista con Celia Sánchez en casa de esta última, es deliciosamente surrealista.
 
Manet  se pregunta: ¿Soy un francés de origen cubano o un cubano convertido en francés? Para más adelante afirmar:
¡Francia es mi país, Cuba mi calvario!
Y agrega: En cuanto a mí se refiere, la obsesión sigue su ronda singular: yo vivo en París y continúo a hablar sobre Cuba.
 
Después de escribir  Mes années Cuba (Grasset, 2004), Eduardo Manet evoca ahora sus « années Paris », gracias a la sugerencia de Jean-Luc Moreau.
Te enviaré este interesantísimo libro con el primer conocido que vaya a San Cristóbal de La Habana.
La cultura enciclopédica de Eduardo, su excelente pluma y su carácter, lo hacen merecer la admiración no sólo del gran público y la culta  élite francesa, sino también de todos los que hemos tenido la suerte de conocerlo personalmente.
Te deseo un año 2010 lleno de: paz, amor, serenidad, salud, bienestar  y… Libertad.
Te quiere siempre,
Félix José Hernández.
 
Un cubain à Paris.
Eduardo Manet.
Fotos de la portada de Eyedea y  Néstor  Almendros
ISBN 978-2-909240-90-9
H 50-5341-8-0908