Les trois fréres Castro
Les trois frères Castro

Sorti le : 08/09/2010

«Il est mort.» L'ex-colonel José Antonio Montes, jadis officier du ministère de l'Intérieur, n'a pas besoin d'en dire davantage à Salvador Ferrer, dit «Salva», ex-président du comité de défense de son quartier.
«Il est mort.» À Cuba, depuis un demi-siècle, ce «il» suffit à désigner Fidel Castro. L'annonce ne sera officielle qu'à midi, mais José est au courant depuis 4 heures. Il a fallu cette nouvelle pour rapprocher les deux hommes, après vingt ans de brouille, dans une villa décrépite de La Havane. C'est que Salva, révolutionnaire malgré lui, est le beau-frère de José. Et que ses enfants étaient des «dissidents»...
Penchés sur une tasse de rhum pour y lire leur passé, José et Salva revivent un demi-siècle d'histoire cubaine. Histoire triple, à l'image des frères Castro, si proches et si différents. Fidel, pharaon embaumé dans l'effluve de ses cigares. Raül, alias « Petite Musaraigne », dévoué serviteur de son aîné. Et puis Ramón, le plus ancien, «un type incroyable, qui contribue à une cause en laquelle il ne croit pas». Un vieux copain d'enfance et de saoulerie, aussi...
Trois frères, trois Parques qui n'ont cessé d'emmêler le destin des héros d'Eduardo Manet, campés sous le soleil trompeur d'une révolution dont ce roman est la chronique vive et désabusée.

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Les trois frères Castro
Editeur : Ecriture
www.editionsecriture.com
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 9782359050080
GENCOD : 9782359050080

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Les trois frères Castro

Sorti le : 08/09/2010

Les courts extraits de livres :

L'ex-colonel José Antonio Montes gare sa vieille Lada en face de l'ancienne mansion du Cerro. Il n'est pas revenu dans ce quartier depuis... vingt, vingt-cinq ans peut-être. Le temps a filé sans qu'il s'en aperçoive et trop de choses se sont bousculées dans sa vie. Trop.
Il se sent pétrifié, comme si un poids écrasant lui était tombé dessus. «Une chape de plomb sur les épaules.» Il a lu cette expression dans un roman, il y a bien longtemps. Il ne se souvient plus de l'intrigue - c'était un polar quelconque -, mais la phrase est restée dans sa mémoire car il l'avait trouvée idiote et maladroite. Une chape de plomb ! Pourquoi pas un supersonique ?Il est véritablement accablé. Est-ce la vieillesse ? Les remords ? Un passé qu'il n'arrive pas à digérer ?
Il a coupé le contact et reste assis au volant de cette voiture qui a connu, comme lui, des jours meilleurs.
De l'autre côté de la rue, sur le trottoir d'en face, «la maison». Cette belle villa où il a coulé des jours heureux et qu'il a quittée pour la laisser à son ami et frère Salvador Ferrer, celui que tous appelaient «Salva». Cette maison inscrite dans le livre des souvenirs comme l'élégante demeure appartenant au clan Cerda tombe aujourd'hui en ruine, comme tant d'autres choses à Cuba.
En épousant quand il était tout jeune la belle Yolanda, dite «Yoyi», José Antonio Montes avait eu droit à l'inusable récit de la réussite du grand-père de sa femme...